Les comptes communaux à nouveau déficitaire
Yverdon-les-Bains
30 Mar, 2026
Les années se suivent et se ressemblent : le syndic d’Yverdon-les-Bains, Pierre Dessemontet, a présenté les comptes pour la cinquième et dernière fois, et ils s’inscrivent à nouveau dans le rouge vif.
Au lendemain du second tour des élections, qui a conduit au renversement de la majorité municipale par le centre-droit, le syndic Pierre Dessemontet, qui achèvera son mandat le 30 juin prochain, a présenté les comptes 2025. Pour la cinquième fois, ils s’inscrivent dans le rouge, cela malgré les excellents résultats du Service des énergies, porté par la vente du gaz.
Un exercice « mitigé » aux yeux de l’élu qui a souhaité le symboliser par le port d’une cravate grise. Car les temps sont difficiles. En effet, si le produit fiscal des personnes morales (sociétés) a progressé, celui des personnes physiques (les simples contribuables) est lui en récession. Avec un millier d’habitants supplémentaires en l’espace d’une législature, les recettes n’ont pas évolué dans le sens souhaité. Déduction logique, les nouveaux contribuables sont des personnes à faible revenu.

Et pour l’avenir, « il ne faut pas s’attendre à des miracles », commente le syndic. L’occupation du nouveau quartier de Clendy-Dessous n’a pas encore produit ses effets sur le plan fiscal. Par ailleurs, deux gros procès confrontent la commune à des sociétés immobilières sur l’imposition des gains immobiliers. Mais de tels litiges peuvent mettre des années à être tranchés par les tribunaux.
Dans ce contexte, la valeur du point d’impôt illustre la situation de la deuxième ville du canton, avec 26,6 ce facteur a diminué de 0,7 point et on se trouve très loin de la moyenne des communes vaudoises (49).
Points de satisfaction, la dette a été réduite de 8 millions de francs à 304 millions, et la marge d’autofinancement est correcte, soit quelque 18 millions sur les 23,2 millions d’investissements, ce qui reste correct.

Les nouvelles autorités issues des récentes élections devront s’atteler clairement prioriser les projets essentiels. D’autant plus que la Ville risque d’être à découvert à la fin de l’année, puisque son capital s’est réduit à 170 000 francs en décembre dernier. Une situation qui, dans le cadre de la nouvelle Loi sur les communes, en préparation, pourrait amener le Canton à exercer une surveillance.
Cela dit, la mise sous régie n’est pas pour demain. En effet, le patrimoine immobilier constitue une solide garantie.
Les consommateurs « gazés »
La vente du gaz constitue pour la Ville mieux qu’une poire pour la soif. Surtout que, contrairement au marché de l’électricité, placé sous le contrôle fédéral, la marge de manœuvre est très large. Au point que cette énergie à elle seule laisse un excellent de produits de plus de 8 millions de francs, qui contribue à un gain net des SEY de 3,46 millions de francs.
Bien évidemment, cette ponction est opérée sur les consommateurs, qu’ils soient propriétaires ou locataires d’immeubles alimentés par cette énergie. Les propriétaires ont découvert en début d’année une augmentation sensible et légale, résultant de l’application de la taxe sur le CO2. Pour 2800 francs de gaz vient s’ajouter une taxe de quelque 530 francs. Et cette taxe continuera à augmenter.
La solution pour le syndic Pierre Dessemontet : passer aux énergies renouvelables, notamment le chauffage à distance. Facile à dire. A Yverdon-les-Bains, des milliers de logements sont encore chauffés avec les énergies fossiles. Et les rénovations, forcément lourdes, sont aussi source de tensions, d’autant plus dans un contexte de crise généralisée du logement.
